Quand le corps dit stop : le début de ma quête de sens
Tout a commencé en 2017. J’étais à bout de souffle, enfermée dans un job où je subissais du harcèlement moral. Mon tout premier poste, après 7 ans d’études en marketing. Une claque. Une grosse. J’ai fini par me faire virer, et avec le recul, c’était peut-être ce qu’il pouvait m’arriver de mieux. Car dans les six mois qui ont suivi, j’ai tout quitté : ma ville, ma vie, mes repères, et j’ai décidé de m’installer à Montréal. J’étais l’ombre de moi-même, vide, sans confiance.
Ma rencontre avec le jeûne thérapeutique
Et puis un jour, à la bibliothèque, je suis tombée sur un livre. Je l’ai lu d’une traite, en une journée : L’art de jeûner, le manuel du jeûne thérapeutique Buchinger. Ça a été une révélation. Ce que je cherchais, c’était le vide. Un espace pour me retrouver. Repartir à zéro, corps et âme.
Mon premier jeûne : 5 jours pour revenir à moi
J’ai suivi les instructions du livre à la lettre. Un jeûne de 5 jours, au jus. Structuré, encadré, rassurant. Et ça m’a fait un bien fou. Depuis, j’en ai fait presque chaque année. Pour des raisons différentes : après l’arrêt de la pilule, quand je me sentais gonflée, ou pour apaiser ma relation à la nourriture. Une année, je l’ai même fait deux fois, au printemps et à l’automne.
Pour ne pas le vivre seule (et éviter de tourner de l’œil en solo), j’ai souvent embarqué des gens avec moi. Ça m’a challengée. Souvent, c’était leur première fois. Et j’ai compris très vite : le jeûne, c’est un chemin profondément personnel. On ne peut pas compter sur l’autre pour nous guider. Il faut être mindé, vraiment engagé envers soi-même, et bien se renseigner avant. Lire, s’écouter, se préparer. Parce que chaque personne vit son propre truc, avec ses émotions, son corps, son mental. Et l’espace autour doit respecter ça.
Les défis du jeûne : quand ça ne se passe pas comme prévu
Le jeûne qui m’a traumatisée
Mais tout n’a pas toujours été fluide. Il y a deux ans, j’ai vécu une expérience qui m’a marquée, au point de ne plus jeûner pendant longtemps. Ce n’était la faute de personne. Mais j’ai compris une chose essentielle : on ne jeûne pas avec n’importe qui.
Le dernier jour, j’ai vécu deux engueulades. Une en face à face, l’autre au téléphone. Mon corps, déjà vulnérable, a été traversé par une tempête émotionnelle. Le lendemain, j’ai rompu le jeûne dans cet état. Mauvais timing. J’ai mangé mes émotions, mal repris mon alimentation, et ça m’a laissé un goût amer. Moi qui aimais tant cette pratique, j’en étais venue à la redouter.
Un jeûne sous COVID : mauvaise idée
Un an plus tard, j’ai tenté de jeûner à nouveau. J’avais le COVID, isolée chez moi pour 10 jours. Mauvaise idée. Le stress de l’enfermement, la solitude… J’ai fini par appeler des ressources qui m’ont dit d’arrêter immédiatement. Je leur dois peut-être d’avoir évité un vrai crash. Jeûner, c’est pas rien. C’est puissant. Et ça peut être dangereux dans certaines conditions.
2025 : mon 9e jeûne, et une reconnexion profonde
Et me voilà aujourd’hui. 9e jeûne depuis 2017. Un appel intérieur s’est manifesté. Après une longue période de stress, j’ai senti qu’il était temps. Cette fois, j’étais prête. Exit la peur. L’excitation était revenue.
Je suis partie avec mon amie et collègue Amandine (notre 3e jeûne ensemble), cette fois-ci j’y allais pour 5 jours à l’eau. Pas d’alcool, plus de protéines animales, zéro produits transformés la semaine avant. Deux jours de monodiète (un jour patate, un jour fruits) pour préparer en douceur mon système digestif. On a posé nos valises dans un ancien sanatorium entouré de nature, de chats, de lamas et d’un cheval. Un lieu où art et soin se côtoient. Parfait.
Un jeûne jour par jour
- Jour 1 : la purge et le calme
Un verre de sulfate de magnésium (beurk) pour tout vider. Et c’est parti. Je ralentis. Je me promène. Je lis. Je me fais des points de réflexologie pour soutenir l’élimination. Je m’écoute. - Jour 2 : lavement et lâcher-prise
C’est la purge par le bas (oui, avec une poche de lavement, glamour toujours). Et à partir de là, plus aucune sensation de faim. Juste du calme. Bain, tisanes concoctées par Amandine, zoothérapie avec les animaux, repos, réflexologie. Bouillotte sur le ventre, matin-midi-soir. - Jour 3 : clarté mentale
L’esprit clair comme de l’eau de roche. Je trie mes classeurs de collages, mes fichiers, mon téléphone. J’avance dans un état de calme profond. Je redeviens moi-même. - Jour 4 : le choc du supermarché
On anticipe la sortie du jeûne. On va faire les courses. Et là, bam. L’abondance de nourriture, les odeurs, le consumérisme… ça fait presque mal. Une vraie claque. Je ressens à quel point la société nous pousse à trop, trop vite, trop fort. Ce contraste me fascine à chaque fois. - Jour 5 : gratitude et cocooning
Je profite à fond de cette dernière journée. Un bain moussant pour clore ce rituel. J’aime ce moment entre deux mondes : l’envie de manger revient, mais je suis encore en paix, connectée, alignée. - La rupture : la pomme magique
Le lendemain matin, je romps le jeûne avec une pomme et 4 noix de cajou. Explosion de saveurs. Chaque bouchée est une fête. À midi, un jus pressé. Et c’est déjà le retour à Montréal.
Techniquement, la vraie réalimentation commence le lendemain de la reprise alimentaire, et s’étale sur 3 à 5 jours. Je réintègre les familles d’aliments une à une. Lentement, avec respect. Par exemple, les protéines animales seulement au 5e jour.
Je me sens ancrée, calme. Ma relation à la nourriture est douce, claire, apaisée. Je remarque juste que si je tarde à manger, je peux rechuter dans une vitesse de mastication que je veux éviter. Alors je reste vigilante.
Ce que le jeûne m’enseigne, encore aujourd’hui
Chaque jeûne est une renaissance unique. Et le jeûne ne convient pas à tout le monde. Il faut que ça t’appelle, que tu sois préparé·e, informé·e, soutenu·e si besoin. Il existe des cliniques, des accompagnements. Et ce n’est pas à prendre à la légère. Ça peut être un voyage magnifique, mais intense.
Pour moi, c’est un nettoyage profond : des cellules aux émotions, de l’estomac à l’esprit. Une reconnexion à soi, un voyage intérieur, un espace pour ralentir, se nettoyer, se réaligner. Un privilège. Un espace hors du temps où je ralentis, où je me nourris autrement : de silence, de lumière, de nature. Et la réflexologie y tient une place précieuse : elle soutient le processus, amplifie les bienfaits, et m’aide à rester à l’écoute de mon corps tout au long de l’aventure.
Tu envisages un jeûne ? Tu veux en discuter ou être accompagné·e dans une démarche plus globale de mieux-être ? N’hésite pas à me contacter.
Et si tu veux découvrir mon approche de la réflexologie ou prendre rendez-vous : www.heleneguayreflexo.com
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